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L’accord de Paris : un «passager clandestin» nommé Trump

Publié le 07 juin 2017

Par Christian de Perthuis,

En annonçant le 1er juin 2017 le retrait des Etats-Unis, Donald Trump a choisi de conduire sa stratégie de soutien aux énergies fossiles en dehors de l’accord de Paris. Ce retrait ne facilite en rien la réorientation de la politique énergétique fédérale qui se heurtera à de nombreux obstacles internes et aux lois de l’économie. A moyen terme, le risque est que par un effet de contagion, d’autres grands producteurs d’énergie fossile se détournent de l’accord en démultipliant les passagers clandestins. A l’opposé, ce retrait pourrait catalyser un rebond salutaire des pays restant dans l’accord. Cela implique un renforcement rapide des règles de monitoring et de rapportage, notamment dans les pays émergents, un élargissement de la tarification du carbone que pourrait promouvoir une Europe revigorée et décidée à mettre un terme au délitement de son système d’échange de quotas de CO2 et enfin un effort financier accru pour combler l’assèchement prévisible des contributions américaines. Paradoxe de l’histoire : ce nouveau revirement américain pourrait dès lors conduire à corriger les faiblesses d’un accord reposant bien trop exclusivement sur l’appel à la confiance réciproque et à la bonne volonté de ses parties.

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